Société historique du Nouvel-Ontario

ESSAIS

Préserver et écrire l’histoire minière nord-ontarienne

Par Sophie Blais, le 20 avril 2015

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Kirkland Lake Miners’ Memorial, Collection de l’auteur, juillet 2011.

 

Même si elle a été le lieu d’importantes mobilisations collectives, la communauté minière nord-ontarienne demeure, tout compte fait, un environnement peu étudié. Si la croissance de l’industrie, à partir des dernières décennies du 19e siècle, a bien été documentée par la province, les ouvrages consacrés aux travailleurs miniers et à leur quotidien demeurent aujourd’hui étonnamment limités. S’intéressant surtout à la division du travail, à l’accumulation du capital, à la fragmentation des classes sociales et au syndicalisme, les historiens ont laissé peu de place aux travailleurs. L’histoire ouvrière nord-ontarienne est pourtant remplie de nombreuses trajectoires individuelles de mineurs. L’examen des itinéraires professionnels des travailleurs peut permettre au chercheur d’examiner plus attentivement la place que peuvent exercer les actions et les destinées individuelles dans le déroulement des évènements. Nous proposons ici un bref survol historiographique des études minières nord-ontariennes, en remontant aux publications gouvernementales jusqu’aux plus récentes pistes de recherche.

Un développement continu 

À partir de la seconde moitié du 19e siècle, l’arrivée progressive des chemins de fer transcontinentaux permet l’essor de plusieurs régions minières ontariennes. Lorsque des équipes d’arpenteurs découvrent d’importants dépôts de minerais, la province n’a ni l’expertise ni le capital financier pour faire de la prospection et exploiter elle-même les gisements dans les régions éloignées. En effet, l’absence d’infrastructure sur le territoire empêche l’accès aux ressources. Les exploitations minières à Bruce Mines et à Silver Islet, ouvertes respectivement en 1846 et en 1869, constituent des exceptions à la règle dans la mesure où ces gisements se trouvent à proximité des eaux navigables des lacs Hurons et Supérieur.

Peu de temps après la Confédération, le commissaire aux mines et aux terres de l’Ontario se voit confié la responsabilité de gérer les ressources minières de la province. La grande richesse des ressources naturelles est cependant réservée à des investisseurs étrangers, principalement américains. En effet, ces derniers obtiennent aisément des permis d’exploitation d’un gouvernement provincial qui souhaite promouvoir le potentiel minéral de son territoire. C’est ainsi que de nombreuses installations d’exploitation, tout comme des nouvelles petites villes, émergent de toute pièce, grâce aux investissements massifs qui proviennent de l’extérieur du pays.

La province devient aussi le lieu du développement d’une expertise minière, grâce en partie à une main-d’œuvre mobile. Nombreux sont les travailleurs qui se déplacent, d’ailleurs au Canada et de l’étranger, dans l’espoir de faire fortune dans le secteur où le développement est rapide et incessant. Si plusieurs travailleurs font carrière dans les mines, des milliers d’ouvriers ne sont que des « oiseaux de passage ».

Ainsi, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les mines nord-ontariennes en opération sont capables de fournir plusieurs des métaux primordiaux à l’armée canadienne pour confectionner son armement. Nécessaire à l’alliage, le nickel de Sudbury, par exemple, devient une ressource stratégique dans l’effort des Alliés et des empires centraux dans le conflit. L’importance des ressources minières amène même certains à même proposer leur nationalisation, proposition qui se dissipe toutefois dès le retour à la paix.

L’extraction augmente continuellement pendant l’entre-deux-guerres. Certaines mines nord-ontariennes connaissent même une expansion pendant la Crise économique des années 1930. Les prospères sociétés aurifères de Timmins et de Kirkland Lake s’enrichissent considérablement lorsque le prix de l’or, matière de refuge au plan de l’investissement, augmente en flèche.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, plusieurs mines sont déclarées indispensables à l’effort de guerre. Les travailleurs dits essentiels sont exemptés du service militaire, puisque la Loi sur les mines de l’Ontario interdit aux femmes d’œuvrer sous terre. La kyrielle d’armes nécessaires au ravitaillement des forces alliées favorise une nouvelle expansion de l’industrie. En 1940, les mines d’or ontariennes embauchent plus de 20 000 nouveaux travailleurs (Nelles, 2005 : 429). La période de guerre est aussi propice à la montée du syndicalisme parmi les mineurs, qui cherchent à faire reconnaitre leurs syndicats. Le décret de temps de guerre PC 1003, adopté par le gouvernement fédéral en 1944, garantit aux travailleurs industriels l’accès à la négociation collective. Cette victoire juridique permet à plusieurs groupes de mineurs de se syndiquer.

Avec la fin de la guerre, on assiste à une certaine surexploitation de gisements. Dans les années qui suivent, les mines nord-ontariennes connaissent des hauts et des bas, caractérisés par les fluctuations des marchés et l’épuisement graduel des ressources qui apporte de durs coups aux localités fondées spécifiquement pour desservir les exploitations minières.

Une histoire locale et publique

Les premiers ouvrages publiés sur l’histoire des mines ont d’abord porté sur les aspects technique et scientifique, associés au développement de l’industrie. Dès la fin du 19e siècle, les dirigeants des mines, en partenariat avec la province, publient des ouvrages sur la progression de l’exploitation minière sur le territoire. En 1891, le Bureau des mines de l’Ontario est établi. Ayant la responsabilité de favoriser le développement économique du Nord ontarien, le Bureau publie des rapports annuels volumineux, qui servent surtout à quantifier la production minéralière. Ces études contiennent également des renseignements détaillés sur les propriétaires, les concessions d’exploration (claims) et la valeur boursière des actions minières. La province étudie également la formation géologique de son territoire, de manière à cartographier systématiquement les zones pouvant être développées et transformées en camps miniers advenant de nouvelles découvertes.

Des publications spécialisées voient aussi le jour. Par exemple, le Canadian Mining Journal, publié par la société de génie minier Canadian Institute of Mining, est fondé en 1907 et relate les progrès scientifiques, les occurrences minérales et les niveaux de production nationale.

Dès les années 1940, les premiers ouvrages de synthèse sont publiés sur l’histoire des mines canadiennes. En 1947, Arnold Hoffman publie Free Gold. The Story of Canadian Gold Mining. Écrit à la première personne, l’ouvrage raconte les péripéties de l’auteur, un géologue américain, et de son frère, dans leur travail de prospection. Hoffman retrace aussi l’évolution des mines canadiennes en présentant certains ingénieurs et promoteurs financiers éminents de l’industrie.

Suivent des travailleurs et des syndicalistes nord-ontariens qui font paraître des textes sur leurs expériences dans les mines. À partir des années 1970, le Highway Book Shop, une libraire et maison d’édition (maintenant défunte) de Cobalt, offre l’occasion aux écrivains locaux de marquer la mémoire du Nord-Est ontarien. Elle publie régulièrement des ouvrages sur les mines, allant des sociétés aurifères kirklandaises et timminoises aux mines d’argent de Cobalt. Michael Barnes, un enseignant du nord de l’Ontario, devient l’écrivain le plus prolifique de la région en publiant régulièrement sur le développement économique. Ses livres regorgent d’images et soulignent la prospérité générée par les mines. Les écrits font fréquemment le récit anecdotique des individus les plus illustres des communautés minières, laissant ainsi peu de place aux récits de la vie ouvrière. À ce sujet, soulignons néanmoins la contribution de Charlie Angus, réputé syndicaliste et député fédéral depuis 2004, dont les textes historiques fournissent un éclairage sur les conditions de travail des mineurs nord-ontariens (Angus et Griffin, 1996; Angus et Palu, 2001, 2007).

Pour leur part, des projets de commémoration soulignent le rôle des mines ontariennes et sur le développement de l’industrie. Le programme des plaques historiques, érigées par la Fiducie du patrimoine ontarien depuis 1974, contribue à créer des espaces d’histoire publique sur l’histoire minière nord-ontarienne. Elles témoignent, entre autres, des péripéties entourant la découverte du nickel à Sudbury, les camps aurifères de Kirkland Lake et de Geraldton, les postes de secours miniers, la première mine de cuivre au pays (Bruce Mines), la fondation du district minier de Red Lake, ainsi que les exploitations de Porcupine et de Silver Islet. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada, gérée par Parcs Canada, désigne d’autres sites en tant que lieux historiques nationaux, dont l’Arrondissement de l’exploration minière de Cobalt en 2002. Ce site contient des bâtiments associés à l’industrie, des éléments urbains du début du 20e siècle, ainsi qu’une mine. Les musées d’histoire régionaux contribuent également à préserver le patrimoine minier en hébergeant d’importantes collections de documents archivistiques. Mentionnons au passage le Northern History Museum de Kirkland Lake et les musées du patrimoine de la ville du Grand Sudbury.

Les historiens et les mines

Outre quelques études sur l’ethnicité et le travail dans les mines (Vasiliadis, 1989), les universitaires s’intéressant aux mines ont d’abord étudié les caractéristiques du travail minier. Ils ont jeté un premier regard sur les conditions de travail dans les mines (Baldwin, 1977; Gosselin, 1995; Owens, 2005), la mobilité (Gaudreau, 1998), ainsi que les femmes et la famille ouvrière (Forestell, 1993). Pourtant, ces axes ont privilégié des conclusions misérabilistes sur le travail minier qui se serait limité, en somme, à sa dureté et à sa dangerosité. En cernant le militantisme et le syndicalisme chez les mineurs, les recherches ont contribué à justifier la mobilisation contre les conditions qu’ils avaient à subir (Lang, 1970; Miller, 2003; Sefton MacDowell, 2003; Vander Meulen, 2003; Blais, 2009). D’autres, au contraire, se sont intéressés à l’impact des mines dans les villes monoindustrielles du nord de l’Ontario et, subséquemment, à la volonté de diminuer leur dépendance sur l’industrie minière (Bray et Thompson, 1996).

Étant situés dans une ville minière, les historiens de l’Université Laurentienne se sont naturellement penchés sur l’histoire de cette industrie. Côté francophone, Guy Gaudreau et ses étudiants ont souligné la contribution des travailleurs, dont les immigrants, à l’histoire des mines sudburoises. Gaudreau a remarqué que les immigrants, surtout polonais, finlandais et italiens, contribuaient directement à la modernisation des activités d’extraction à la Canadian Copper Company (Gaudreau, 2003). Karey Reilly, quant à elle, s’est intéressée plus particulièrement aux Italiens et a remarqué que leur enracinement était étroitement lié aux besoins en main d’œuvre du principal employeur minier de la région (2005). À son tour, Paul de la Riva démontre que les Canadiens français se sont retrouvés, en 1886, parmi la première cohorte de mineurs à Sudbury, alors que l’on avait longtemps cru qu’ils avaient commencé à être engagés dans le secteur minier seulement après les années 1930 (1998). Quant à Donald Dennie, il estime que les Canadiens français de Rayside-Balfour ont dû faire la transition graduelle vers le salariat, dont dans les mines, ne pouvant plus se fier exclusivement à l’agriculture de subsistance (2001). Plus tard, Emily Reynolds remarque que les journaliers miniers, malgré leur bref passage, contribuaient à l’effervescence des régions et des secteurs dans lesquels ils œuvraient (2007). Pour sa part, Kevin Auger s’inspire des mines kirklandaises pour remarquer que le travailleur de carrière tendait à accepter la discipline industrielle (2007). Gaudreau observe un phénomène similaire en examinant le cas des absences volontaires au travail qui soulignent, selon lui, la relative indépendance des travailleurs à l’égard des entreprises (2008). Plus récemment, Gaudreau a exploré la question de la culture musicale chez les mineurs a remarqué que la pratique musicale est différente selon les lieux de travail et selon les communautés ethniques (2013).

Conclusion

Tandis que l’industrie minière nord-ontarienne remonte au 19e siècle, les études historiques sur ce milieu commencent seulement à se développer. Certes, les industries et la province ont préservé d’importantes archives reliées à la production et à l’expansion des mines. Maintes « histoires » restent toutefois à raconter, incluant celles des travailleurs et de leurs familles, souvent marginalisés et oubliés dans la foulée des mouvements syndicaux. Plusieurs aspects de la vie du mineur méritent d’être explorés, tels que l’influence de la culture des milieux miniers sur le travailleur et sa famille. Toujours est-il que l’apparition de nouvelles sources archivistiques a permis d’approfondir l’analyse sur la ségrégation occupationnelle et sur la mobilité des travailleurs miniers du Nord ontarien. Des collections de fiches d’embauche et de service dans les mines, ainsi que les archives patronales, conservées jadis pour assurer un contrôle et un suivi des travailleurs, ont notamment permis de retracer les particularismes des divers parcours professionnels. Gaudreau et ses étudiants ont d’ailleurs su bien mettre à profit ce type d’archives dans leurs recherches. En reconstruisant progressivement les nombreux itinéraires des mineurs, les historiens pourront retrouver la voix des individus oubliés de l’histoire minière et mieux comprendre le processus du travail dans les mines nord-ontariennes.

Bibliographie

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